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Un
timide rayon de soleil couchant éclaira soudain la salle. Le silence était
épais, feutré... Une mouche, sans doute réveillée par ce brusque
éclat de lumière, se mit à reprendre son vol aussi aléatoire que bruyant,
et vint se cogner à la fenêtre . Assise derrière son comptoir - on n'apercevait
que le sommet de sa tignasse jaune qui dépassait -, Agnès s'activait à
tourner religieusement les pages de son magazine à scandales préféré.
A chaque page tournée, les volutes du papier d'Arménie qui se consumait
à côté d'elle, se tordaient un instant avant de repartir, rectilignes
, vers le plafond . Il allait bientôt faire nuit, et le bar du "Morne
Engoulevent" se remplirait de ses habitués. Mais pour l'instant, la salle
était baignée d'un calme total, très inhabituel pour ce lieu que je connaissais
d'ordinaire si plein de vie et de chaleur .
Le hasard de mes affaires m'avait amené dans le quartier en début d'après-midi,
et je me trouvais ainsi à ma table bien plus tôt que d'habitude . Sans
crier gare, Agnès me lança quelques mots par dessus son comptoir . Mais
la surprise m'ayant empêché d'en saisir le contenu, je dus la faire répéter.
Elle releva la tête et me dit d'un ton très pénétré:
- Paraît qu'il est amoureux d'une traînée…
- Qui ça ma belle ?… répondis-je distraitement, tout entier absorbé par
le manège imbécile de la mouche qui s'acharnait à vouloir traverser la
vitre .
- Ben tiens… Charles pardi!
- Charles… Mais Charles qui, ma tendresse?
Agnès se releva et me regarda avec un mélange d'incrédulité et d'apitoiement,
se demandant sans doute même si je ne cherchais pas à me moquer d'elle…
- Mais il sort d'où celui-là ? tsss… Mais le Prince pardi ! Le mari de
Lady Di !
- Le mari de Lady Di ! je vois… Excuse-moi, j'avais la tête ailleurs…
ha bon, il est amoureux le Prince Charles…
- C'est juste ce que je viens de te dire!…
Nous allions sans doute continuer ce passionnant échange, lorsque la porte
s'ouvrit à la volée, laissant le passage à mon très vieil ami Philibert
Motaro, qui se fendit d'un grand sourire lorsqu'il m'aperçut .
- Tiens, tu es déjà là?
- Eh oui, tu vois ! J'ai fini tôt aujourd'hui, alors plutôt que de faire
un aller-retour inutile jusqu'à chez moi, j'ai préféré venir directement,
histoire de bavarder avec notre douce Agnès !
Nous
échangeâmes quelques propos badins sur la sus-dite, ce qui nous valut
en échange un " Vous êtes que des cons!"…
Après avoir remercié la charmante, je me tournai vers Philibert.
- Alors, quoi de neuf ? ?
- Figure-toi que j'ai trouvé chez moi un stock de négatifs de photos que
mon père avaient prises au club-house, et j'en ai fait retirer quelques-unes
. Tu veux voir ?
- Elles ne doivent pas être récentes…
- Ha non bien sûr, mais on reconnaît quelques unes des figures qui ont
fait le club, et ça fait tout drôle somme toute de revoir tous ces gens,
morts hélas aujourd'hui pour la plupart .
Philibert
étala quelques épreuves sur la table, tandis qu'Agnès apportait notre
commande .
- Tiens c'est des photos ? Je peux ?
Elle se saisit de quelques-unes, pendant que je regardais attentivement
les autres . Par dessus mon épaule Philibert faisait quelques commentaires
.
- Tu vois un peu la tête qu'il fait ton père sur celle-là ! Et le coup
d'œil qu'il lance au mien!
- Effectivement! Sans doute avait-il pris une raclée en net…
Et dans un ensemble parfait, nous ajoutâmes tous les deux au même instant:
- Comme d'habitude !
Et ce fut à la fois dans la plus franche gaieté et dans une grande émotion
que nous passâmes en revue la vingtaine de photos que Philibert avait
fait refaire… Les visages de tous ces joueurs, pour la plupart de la génération
de nos parents, sortis par un très grand hasard du néant dans lequel ils
étaient enfouis, s'animaient, reprenaient vie, pour quelques instants,
le temps de rappeler à leurs sujets quelque anecdote, quelque détail savoureux…
- Tiens ! On dirait Théodore Paquet ! intervint Agnès qui, se penchant
sur la table , pointait son index sur l'une des silhouettes…
Philibert sembla interloqué par la remarque de la serveuse…
- C'est bien lui… répondit-il… Mais comment se fait-il que tu connaisses
le vieux Théodore ? Tu devais être à peine née quand il est mort, le pauvre
diable .
- Ben non !… J'avais que huit ans, mais je me souviens bien de lui, vu
que mon père lui servait souvent de caddie, à la fin , quand il ne pouvait
plus trop tirer son chariot … Et puis, malgré mon âge, il m'appelait Mademoiselle,
et me donnait toujours plein de bonbons à l'anis ; alors tu penses si
je m'en souviens de Monsieur Paquet!
- Tiens mais c'est vrai ça que ton père l'a fréquenté de près !
Le regard de Philibert se perdit un instant … était-ce vers de fugaces
souvenirs, ou plus vraisemblablement vers les mystérieuses profondeurs
du corsage d' Agnès qui restait penchée au-dessus de la table …
- Tu l'as connu toi, le vieux Théodore ? me demanda - t -il en se retour-nant
vers moi brusquement.
Curieusement ce nom-là ne me disait rien, ni son visage non plus… Il est
vrai que je n'étais revenu à Saint-Louis qu'après le décès de mon père,
et des pans entiers de l'histoire du club m'étaient totalement inconnus
.
- Non… J'ai dû arriver au club assez longtemps après sa mort…
- C'est bien possible en effet ! Un sacré bonhomme tu sais… Mais, tu as
quand même entendu parler de l'histoire incroyable qui lui est arrivée
?
- Non non ! Pas davantage je t'assure !
- C'est pas possible ! Tu as cinq minutes ? Elle mérite vraiment d'être
racontée ! Tu la connais toi, Agnès ?
- Oui, enfin non, je ne me souviens plus trop …
- Alors mes enfants, écoutez ! Agnès s'il te plaît, va me chercher
de quoi mouiller mes cordes vocales…
Pendant que la serveuse s'affairait derrière son comptoir, je me repenchais
sur la photo pour essayer de réveiller un quelconque souvenir, mais le
visage de ce fameux Théodore ne me rappelait vraiment rien…
- Tu sais, reprit Philibert, le Théodore, c'était un joueur exceptionnel
. Non que son jeu fût particulièrement brillant, mais pendant les quarante
ans au cours desquels il a hanté les allées de notre club, il a représenté
une image du golf tout à la fois complètement originale et superbe .
Ayant assisté au premier essor du golf en France, il avait inauguré ou
avait été invité sur bon nombre de ces tout premiers parcours de prestige
que sont ceux de Dinard, de Megève ou de Biarritz . Il ne jouait pas au
golf… Cela se situait bien au-delà du jeu . Il vivait le golf ! Il y trouvait
comme un point de convergence de toutes les valeurs auxquelles il croyait,
de toutes les énergies (parfois antagonistes) qui l'animaient . Tout à
la fois une gymnastique intellectuelle, et une pratique philosophique
. Tu as déjà vu ces Chinois qui dans des lieux très banals et peuplés,
parviennent à se sentir seuls au milieu de centaines d'autres personnes
pour développer des mouvements de Tai Ji Quan… Eh bien chaque fois que
je les vois aujourd'hui filmés pour la télévision, ou photographiés dans
les magazines, je repense au vieux Théodore . À la sérénité dont il savait
faire preuve en toutes circonstances de jeu ! Imagine… Quand on lui demandait
à l'issue d'une partie s'il avait bien joué, il se mettait presque en
colère et répondait quand tout s'était bien passé qu'il n'avait pas joué
, mais que oui, ce jour-là, "la complète harmonie qui avait existé
entre son poignet et son talon droits" lui avait été bénéfique . Au contraire
son avant-bras gauche avait pu "éprouver une profonde aversion pour le
shaft du fer huit", ou son putter "un certain désamour pour l'herbe des
greens"… Je te jure, c'est textuel ! D'une parfaite simplicité, d'une
viscérale honnêteté, il faisait l'honneur et la fierté du club de Saint-Louis
. En 1959, comme tu le sais peut-être, eut lieu la première édition de
la "Pastorale de Saint-Benoît", et les administrateurs de l'époque, sans
doute pour frapper les imaginations, et pour assurer une publicité hors
du commun à cette compétition qui devait devenir la classique que l'on
connait, avaient décidé d'offrir au meilleur score en brut, une boîte
de balles…
- Vachement original ! ne put s'empêcher de remarquer Agnès, qui après
avoir déposé nos consommations sur la table, s'était assise à côté de
Philibert. C'est vrai quoi, ils auraient pu se contenter d'offrir un putter,
ou même une serviette de toilette! ajouta-t-elle en gloussant... Tandis
qu'une boîte de balles, ça c'est la classe !
Philibert leva les yeux au plafond…
- Agnès… Tu fais semblant, ou tu es réellement née comme ça ?…Tu ne pourrais
pas me laisser raconter tranquillement, non ? C'était une boîte, oui,
mais pas de balles ordinaires mon petit chat… Une boîte de balles... en
or ! Tout en or !
Tu imagines que pour une belle publicité, ce fut une belle publicité !
Pense un peu à la fièvre qui régna lorsque le bruit se propagea dans le
cercle assez restreint de l'élite golfique de l'époque … Trois balles
en or… pour un golfeur professionnel c'était un trophée de grand
prestige, alors tu peux imaginer ce que cela représentait pour un amateur
: une petite fortune ! Car il faut préciser que la "Pastorale de Saint
Benoît" avait été ouverte à vingt amateurs de première série (dans ces
années-là on disait de classe A), qui pour être sélectionnés, devaient
être d'abord proposés par leurs fédérations régionales .
Il y eut tellement de pros à s'inscrire, qu'il fallut procéder à un tirage
au sort pour ne conserver que cent joueurs … Bien sûr, le premier nom
qui vint à l'esprit des membres de la fédération du Grand Sud fut celui
de Théodore … Il ne pouvait pas y avoir de meilleur choix … C'est ainsi
qu'il se trouva à inaugurer ce golf tout neuf, en même temps que les Vernat,
Buffing, Tameson, et autres célébrités d'alors . Tu vois un peu… un joueur
amateur, même d'un niveau convenable, aligné avec des pointures aussi
exceptionnelles ! Un peu comme si tu étais amené, toi, à partager la partie
de Montgomery et Els !
Contrairement aux autres amateurs qui ne tardèrent pas à se liquéfier
sous la pression, et sans doute rendu fort par sa manière très particulière
d'appréhender le golf, Théodore réussit l'incroyable en terminant premier
au classement amateur, et surtout cinquième toutes catégories confondues
! Il avait rendu sa première carte à 71, et la deuxième à 70 . À huit
points seulement du vainqueur . Lui un joueur classé six, avait joué deux
fois en dessous du par dans une partie de professionnels . Cela fit grand
bruit bien sûr, et les vainqueurs décidèrent de récompenser ce joueur
tout à fait exceptionnel . Ce fut le gagnant, Tommy Tameson, qui eut le
plus beau geste. Acclamé par les personnalités, les joueurs et les curieux
qui assistaient à la remise des prix, il fendit la foule, se dirigea vers
Théodore qui était un peu à l'écart, et le prenant par le bras, le ramena
presque de force sur le podium … Il fit un petit discours d'une grande
simplicité pour remercier notre vieil ami pour la leçon d'esprit golfique
qu'il lui avait donné tout au long du tournoi, et dans un geste qui, selon
les chroniqueurs , eut un panache exceptionnel, il prit l'une des trois
balles d'or qu'il venait de gagner, et l'offrit à Théodore ! Ce fut un
triomphe bien sûr ! Tameson entourait affectueusement les épaules de Théodore,
qui ne sachant plus ce qui lui arrivait, n'arrivait pas à trouver la lucidité
nécessaire pour placer quelques mots …
Mon père, qui était du comité directeur de "La Pastorale", m'a souvent
raconté toute l'émotion qui avait plané ce soir-là… Le lendemain, Théodore,
prenait la décision de faire don de sa balle à notre club !
- Tu entends fine mouche? dit Philibert en se tournant vers Agnès … C'est
pas toi qui aurait fait preuve d'une telle noblesse, hein!
Vexée par la perfidie de la remarque, la serveuse se leva, et nous quitta
pour se diriger vers un client qui venait d'entrer.
- Pfff… de toute façon, maintenant je me la rappelle l'histoire, alors
je m'en vais, et puis je vais te dire Papy… c'est pas à toi qu'on offrirait
des bonbons à l'anis ! Et elle s'éloigna en pouffant .
-Bien entendu, l'histoire invraisemblable de Théodore se propagea dans
tout l'univers golfique, et les premiers à s'en féliciter, ce furent les
dirigeants de "La Pastorale de Saint Benoît" qui, pour le coup, bénéficièrent
immédiatement d'une grande renommée!
Il fut décidé, au club house de Saint Cloud, d'aménager une vitrine digne
de recevoir le précieux cadeau que nous faisait Théodore . Et c'est mon
père qui fut chargé d'aller jusqu'en Ecosse pour faire construire un petit
meuble en acajou et glace biseautée que seuls les maîtres ouvriers de
la "Royal Red Wood Factory" de Cornmonnabble Bee Village, étaient capables
de réaliser convenablement . Six mois plus tard, eut lieu l'inauguration
de la vitrine, et ce fut dans un geste très chargé de solennité que Théodore,
le regard lumineux, posa devant tous les membres du club sa balle en or
dans le petit reposoir qui avait été aménagé pour elle. Lorsqu'il eut
refermé avec délicatesse la petite porte vitrée, il se retourna vers les
invités, et ce fut une ovation .
Les semaines, puis les mois passèrent à Saint-Coud . À la fièvre de l'événement
succéda la redoutable inertie du quotidien, et bientôt plus personne ne
fit réellement attention à la petite vitrine et à son précieux contenu
. On savait qu'elle était là, c'est tout . Elle finissait par être un
élément de décoration au milieu des autres, et l'on
passait devant elle sans plus y prêter d'intérêt qu'à cette porte lorsqu'on
entre au bar, ou à ce comptoir lorsqu'on s'y accoude.
Bien sûr,
Théodore lui, n'oubliait rien . On pourrait penser que cette lente
et pernicieuse désaffection l'avait blessé, mais il n'en
était rien . Il avait mesuré très tôt dans
sa vie la capacité humaine à la versatilité et à
l'inconstance, et faute de pouvoir lutter efficacement contre elles, avait
trouvé plus sage de s'en accommoder .
Mais il était, lui, l'antithèse de ces comportements peu
glorieux, et pendant plus de quinze ans, on put le voir tous les matins
à l'ouverture du Club House, entrer dans le salon d'honneur, saluer
très chaleureusement les quelques joueurs matinaux qui se trouvaient
là, échanger quelques aimables banalités avec eux,
puis se diriger vers la vitrine, en ouvrir avec précaution la petite
porte , sortir la balle d'or de son logement, et la lustrer lentement,
méticuleusement, je dirais presque tendrement, d'un petit chiffon
de flanelle blanche qu'il avait préalablement extirpé de
la poche de son pantalon . De temps à autre il arrêtait sa
besogne, et levant la balle à la hauteur de ses yeux, il la tournait
et la retournait entre deux doigts, comme on peut le faire d'une pierre
précieuse, essayant de capturer une nouvelle fois, un éclat
de lumière . À ceux qui s'étonnait de le voir ainsi
procéder tous les matins au même rituel, il affirmait sans
sourire, qu'il puisait dans ces éclats la dose d'énergie
nécessaire à sa vie jusqu'au lendemain .
Et le temps passait, et Théodore vieillissait avec tant de simplicité
et de quiétude, qu'on avait fini par y croire un peu aussi
Nombreux étaient ceux qui pensaient réellement qu'il y avait
effectivement un accord secret entre lui et la lumière
Un vendredi
matin, alors qu'il sortait la balle de la vitrine, il fit sans doute un
faux mouvement, et l'on entendit le bruit de la balle chutant sur le parquet
Occupé à préparer la compétition du
lendemain, mon père se retourna . Théodore le regardait
et ses lèvres bougeaient
Mais aucun son n'était réellement
perceptible. À la pâleur de son visage, mon père comprit
cependant qu'il se passait quelque chose de grave, et il se précipita
vers le vieil homme . Celui-ci désignait quelque chose à
ses pieds, et finit par murmurer
"Mon Dieu, ce n'est pas possible"
puis, avant même que mon père eut pu le rejoindre, il tomba
au sol, mort
À
ses côtés, éparpillés au sol, se trouvaient
les débris de sa balle en or !
- Les débris
de sa balle en or ?
- Oui mon vieux
une demi-douzaine
une demi-douzaine de petits
morceaux de plâtre soigneusement dorés!
- Comment ça
Tu veux dire que Tommy Tameson s'était
moqué de lui ?!!!
- Non, Tommy Tameson n'y était pour rien
Et d'ailleurs, bien
que des noms aient circulé depuis, on ne sait toujours pas qui
est le responsable de la mort de Théodore, mais quelques semaines
après la tragédie, le magazine "Golf in France"
qui pour le coup s'était intéressé à nouveau
à Théodore et avait ressorti son histoire, reçut
une page faite de lettres découpées dans les journaux et
collées, confession anonyme d'un joueur qui avouait avoir fauché
la balle en or dans les semaines suivant l'inauguration de la vitrine,
non pour la voler, mais pour faire un canular ! Il l'avait remplacée
par une grosse bille entourée d'un habillage d'un plâtre
spécial utilisé habituellement en sculpture, particulièrement
dur, et traité pour recevoir la dorure
Le farceur pensait
que Théodore allait tout de suite s'apercevoir de la supercherie,
car l'imitation était selon lui assez grossière, mais pour
leur malheur à tous deux, celui-ci ne vit rien !
Les semaines
se succédèrent, et comme de bien entendu, plus le temps
passait et plus il devenait difficile pour l'inconnu de rapporter la vraie
balle, sans couvrir de ridicule le vieil homme et son culte pour ce vulgaire
morceau de plâtre doré
- Mais alors, la vraie balle? demanda Agnès qui, cédant
à sa curiosité, avait fini par revenir s'asseoir à
côté de nous, elle est réapparue depuis ?
- Ah là, c'est une autre histoire . Personne ne la jamais revue,
peut-être a-t-elle même totalement disparue ! Toujours est-il
que depuis la divulgation de cette lettre, nous n'en avons jamais eu d'autre
nouvelle...
©
Michel Goubin
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