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LA partie (THE
party)
Philippe
Sivillon, vous ne le connaissez peut-être pas
.
Moi si .
C'est même grâce à son insistance à
vaincre mes réticences bornées que je me suis
retrouvé un jour un fer 9 à la main, et que
je ne l'ai plus lâché !
Philippe, c'est donc ma référence golfique
. Le swing fluide, limpide, d'une beauté rare . Solide
sur ses appuis, doté d'un sens du transfert remarquable,
il traverse les balles sans jamais les cogner .
Et pourtant, au lieu d'être la star du circuit international
qu'il aurait dû être, il patauge dans un index
à deux chiffres qu'il a du mal à quitter...
Il y a toujours dans ses parties quelques coups de mauvais
sort, un push incontrôlé, ou un pull désordonné,
ou un hook hors de propos (souvent!), ou un slice trop accentué.
Toujours?
Non, pas toujours...
En tous cas pas ce 1er novembre 98 qui fut SON "Jour
de golf"
Voici
le petit texte que je lui avais écrit alors, en hommage
au spectacle qu'il nous avait offert, à Gilles et
à moi .
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Si
vous voulez lui manifester votre admiration, c'est facile,
vous m'envoyez votre message et je lui ferai parvenir .
Il est moderne, il a une adresse électronique !
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Amis glofeurs, le saviez-vous, nous comptons désormais dans
nos rangs une légende vivante
Vous
l'avez côtoyé ou croisé mille fois sur les parcours
ou autour d'un verre, vous vous étiez bien aperçu de la
rigueur et de la pureté avec laquelle il préparait ses frappes,
et restiez étonnés qu'à une telle beauté du
geste ne corresponde qu'un handicap aussi modeste
Gilles
et moi-même, qu'il avait choisis comme caddies lors de son premier
Open, nous le savions encore bien davantage : nous étions au service
d'un grand champion . Nous ne doutions pas qu'un jour prochain, son talent,
sa classe allaient triompher!
Voilà,
c'est fait . La patience a payé .
Par
noblesse d'esprit golfique, il a attendu que nous soyons réunis
tous les trois, ce dimanche 1 novembre 98, pour nous conduire vers la
Lumière
Et
c'est vrai : nous avons en sa compagnie cotoyé les anges . Nous
les avons vus
animer cette partie de rêve, où le charme rivalisait avec
la puissance, la distinction avec l'efficacité, l'élégance
avec la lucidité.
Nous,
joueurs ordinaires (communs disent certains), étions médusés
par la beauté d'un tel spectacle . Nous marchions à ses
côtés, et lui flottait à quelques centimètres
du sol .
Nous
étions bien ordinaires il est vrai, avançant péniblement
nos pieds lourds dans le couinement des chariots fatigués, et percevant
très distinctement le murmure des filets d'air qui caressaient
la semelle de ses chaussures .
Bien ordinaires encore avec nos bogeys, nos doubles, (voire plus si désaffinité
)
face aux 12 pars, et aux 3 birdies du Magnifique .
Quelle belle partie il nous a offerte
Tout était à
sa place, parfaitement réglé, parfaitement enchaîné
: l'analyse des difficultés, le choix d'un club, la montée,
la descente, la ligne des putts . Pas une fausse note, rien . Pendant
quatre heures, tout ne fut que modèle d'esprit golfique, concentration
sereine, modestie des réactions, noblesse du propos et du geste.
Enfin
le dernier putt s'est présenté : difficile car éloigné,
et difficile aussi car l'herbe, ni souple ni régulière sur
ce green, pouvait faire dévier la trajectoire . Mais la balle s'est
mise en route, décidée, et quatre mètres plus loin,
a basculé.
C'était
fait . La boucle était bouclée, et le 72 effectué.
Gloire
À toi, el magnifico !
©
Michel Goubin
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vous rappelons que tous les textes et dessins publiés
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